La gauche française et la question homosexuelle
par Quentin Sciarra
Jusqu’à la dépénalisation de l’homosexualité par la loi Forni de 1982, douze années auront été nécessaires pour réussir à faire intégrer la question homosexuelle à l’agenda politique de la gauche. Un cheminement que retrace Quentin Sciarra, professeur d’histoire-géographie et lauréat du prix de la Fondation Jean-Jaurès 2022, dans un ouvrage qui décrypte la manière dont la gauche française a, au travers de cette question, associé son nom à la défense des minorités.
Le 4 août 1982, la loi Forni « dépénalise » l’homosexualité et met fin à un demi-siècle de répressions pénales. Si les événements de Mai 68 ont ébranlé quelques âmes, douze années (1970-1982) de luttes militantes ont été indispensables afin d’éveiller la gauche au sujet de la question homosexuelle. D’un silence de plomb, d’une absence totale de pensée politique à l’égard de la question homosexuelle, naissent les premiers signes d’une ouverture au milieu de la décennie. Le Parti socialiste et le Parti communiste français souhaitent prendre le contre-pied d’une droite réactionnaire. À la suite de débats houleux (pornographie, pédophilie, viol, etc.), le parti de François Mitterrand s’inscrit en chef de file lorsque celui de Georges Marchais piétine, victime de ses traditions, de ses scandales, de son entêtement. S’il ne devient pas un partenaire farouche, le PCF finit par abandonner le terrain au PS qui porte la question homosexuelle au Parlement tout en s’inscrivant comme le destinataire privilégié du monde associatif. Comment la gauche est-elle parvenue à intégrer l’homosexualité à son agenda politique et à enterrer un des derniers vestiges juridiques de la France de Vichy ? Cet ouvrage retrace ces douze années fondamentales pour les homosexuels, mais aussi pour la gauche française qui, au travers de cette question, a associé son nom à la défense des minorités.
Quentin Sciarra a obtenu le prix de la Fondation Jean-Jaurès en 2022 pour son mémoire de recherche de master. Il est aujourd’hui professeur d’histoire et de géographie à Tunis.
Préface de Noëlline Castagnez, professeure d’histoire contemporaine à l’université d’Orléans.
Table des matières
Préface
Introduction
Partie I. Le temps de l’impensé (1970-1973)
Chapitre 1. Les silences
Chapitre 2. L’éveil de la gauche
Partie II. Le temps de la réflexion (1974-fin des années 1970)
Chapitre 3. Les chartes des libertés
Chapitre 4. Débats internes
Chapitre 5. Sursaut socialiste et paralysie communiste ?
Partie III. Le temps de la considération (fin des années 1970-1982)
Chapitre 6. Le dialogue associatif des socialistes : le cas du CUARH
Chapitre 7. La question homosexuelle au Parlement (1978-1982)
Conclusion